Aimer toutes les choses que l’on perd, que l’on a perdu. Accepter de se regarder en face et décider que nos choix sont propres. Que notre vie nous appartient.

C’est comme ça, que je suis sortie de l’enfer de ces derniers mois.

Ne pas avoir peur, de demander de l’aide, d’aller mal. Il n’y a pas de petite douleur.

Les traumatismes se définissent comme des effractions, des crevaisons, des intempéries. Ils peuvent être grands ou petits, la puissance qu’on leur attribue nous est propre et personne n’a le droit de les quantifier à notre place.

Il y a 4 mois, j’ai été contrainte d’arrêter mes études. On m’a refusé l’accès à ma dernière année d’étude, celle qui permet l’obtention d’un diplôme.
Pour moi, on m’a refusé l’accès à la Vie. À mes plans, à mes objectifs, à tout ce que je m’étais imaginé depuis tant d’années.
On n’a pris ce que je pensais être ma liberté de choix et on l’a brisé. Sans explication.
Comme une rupture, on m’a abandonné, sans se retourner.

Il m’a fallu 4 mois pour faire le deuil, littéralement, de cette page.

Dans la société actuelle, on est tour à tour écolier, collégien, lycéen, étudiant, salarié. C’est ce à quoi on nous prépare dès notre naissance.
Ce chemin, je l’ai suivi, scrupuleusement, pour faire la fierté de ma famille, pour réussir socialement, pour être une « fille bien ».

Mais certainement pas pour m’épanouir.
Et ça, je le réalise au bout de 5 ans, un bac+4 en poche auquel je n’attribue aucune valeur.
Je n’ai jamais été positive dans le cursus que j’ai choisi de suivre. La profession à laquelle je me destinais ayant fini par me dégoûter.

Alors, aujourd’hui, merci la Vie. 

En fait, rien ne doit jamais être pris pour acquis. Et tout arrive pour une raison. À nous de faire de ce que l’on nous donne une force, pas une faiblesse.

Pendant 4 mois, j’ai touché le fond. Crise d’angoisse sur crise d’angoisse, butée sur un projet qui ne me plaisait pas, qui ne me correspondait pas.
J’ai perdu goût à la Vie, qui m’avait pris tout ce que je pensais essentiel : mon statut dans la société, celui dont j’étais si fière de me vanter, celui sous lequel mes parents aimait me présenter. Celui qui me valait reconnaissance au yeux de tous.

J’ai bataillé face à moi-même, cette autre que je ne reconnaissais plus. J’ai pensé la Vie, la Mort, sous tous leurs angles. J’ai questionné toutes les théories, si bien apprises pendant 5 ans. Rien d’autre que le brouillard, une chape de plomb, tous les matins, tous les jours, toutes les nuits.
Puis, j’ai fini par chercher de l’aide et ma demande, qui me remplissait de honte, a été reçue avec bienveillance. Moi qui me pensait folle, à réagir de la sorte, à tout remettre en question pour ça, j’ai été entendue.

Et j’avais raison. Il est important de le reconnaître parfois. L’urgence de la situation m’obligeait à faire quelque chose. Une décision, un choix. Par moi-même.
Et c’est moi, qui me suis levée et qui ai tapé du poing sur la table, à faire trembler toutes les représentations que j’avais construite depuis toujours.
À faire disparaître cette autre que je ne reconnaissais plus, mais dont la présence avait été nécessaire.

S’autoriser à sortir du chemin, à lâcher la rampe, à se faire confiance. Entendre qu’il ne s’agit de rien d’autre que de sa vie, de ses choix. Et que l’on est libre.

Libre d’abandonner son projet. Libre de ne pas voir les portes fermées, mais ouvertes. Libre de se réfléchir, de s’envisager comme soi et non pas comme une étudiante ratée, une fille honteuse.

Sortir les armes et partir à la conquête de soi.

Enfermer depuis toujours dans des carcans sociétaux, sociaux, moraux, familiaux et personnels, j’en étais venue à me perdre.
À faire des études qui ne m’ont jamais rendues heureuse. Et à ne me définir que par ce biais.

À passer à côté des véritables choses essentielles : être moi, être là, être en vie, être entourée, être amoureuse.

J’ai fait une dépression. Et j’en avais besoin. 

La violence psychique des derniers mois a détruit tout ce que j’avais mis des années à construire. Pour repartir sur des fondations plus solides. Tout reste à construire.

Alors, sachez que vous avez le droit d’aller mal. N’autorisez personne à vous dire le contraire.
Apprenez à vous écouter. Posez des questions. Vous êtes une force.

Le négatif n’est jamais mauvais, pour peu qu’on sache le comprendre.

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